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Rwanda, la fin du silence

Rwanda, la fin du silence est le témoignage d’un officier sur l’opération Turquoise en 1994, l’intervention militaire française pendant le génocide des Tutsi au Rwanda.

J’étais capitaine dans la Force d’action rapide, détaché
au sein d’une unité de combat de la Légion étrangère.
Je devais guider les frappes aériennes – les opérations de bombardement des avions de chasse – pendant cette opération « humanitaire »…

Je ne crois pas que nous ayons dit la réalité sur le rôle de la France dans ce conflit et j’ai donc voulu témoigner des opérations auxquelles j’ai directement participé. Je raconte dans ce récit, qui est construit comme mon journal d’opérations, ce que nous avons fait.

Ce livre est un témoignage sur la réalité de cette opération. Ce n’est pas une critique de mes compagnons d’arme, dont j’ai admiré le courage et le professionnalisme, mais un récit des situations inextricables dans lesquelles nous avons été plongés par l’aveuglement des décideurs politiques de l’époque qui continuent de raconter, aujourd’hui encore, une fable aux Français.

Depuis 25 ans, je me demande comment nous avons pu intervenir au Rwanda sans jamais nous en prendre aux génocidaires. J’espère que ce témoignage permettra aux Français de décider qu’il est temps de savoir ce qui s’est passé dans cette opération menée en leur nom, que les archives seront enfin ouvertes et qu’un débat puisse avoir lieu sur notre rôle dans le dernier génocide du XXº siècle qui a fait 1 million de morts en 100 jours.

Je témoigne sur ce sujet pour que les choses soient dites et que nous puissions juger par nous-mêmes sans laisser à d’autres le soin de nous expliquer ce qu’il faut en penser.

Merci aux Belles Lettres de cette publication dans la collection Mémoires de guerre, pour que le silence  ne devienne pas amnésie.

[Au Rwanda, Le livre est disponible en version papier à Kigali auprès de la librairie Ikirezi. Contact : client@ikirezi.biz ]


Vent glacial sur Sarajevo

Vent glacial sur Sarajevo est un témoignage sur le siège de Sarajevo.

J’ai participé à l’opération d’interposition de l’ONU en 1995, la ville était encerclée depuis déjà trois ans et sa population soumise aux tirs quotidiens des canons serbes. Je dirigeais une équipe spéciale chargée de guider sur le terrain les frappes aériennes contre ces canons. Nous étions intégrés dans un bataillon de la Légion étrangère.

Un vent glacial ; c’est ce que j’ai ressenti quand nous avons pris conscience que la mission que nous devions mener n’était pas celle à laquelle nous étions préparés, et que nous nous sommes retrouvés pris au piège.

Vent glacial sur Sarajevo est un témoignage sur la réalité de cette opération qui a marqué ma génération. J’ai pris le temps de raconter ces soldats professionnels, mes compagnons d’arme, leur courage, raconter ces situations inextricables et cette capitale assiégée que nous n’avons pas su protéger.

Remerciements aux Belles Lettres, dont la collection « Mémoires de Guerre » publie des témoignages nécessaires à l’intelligence collective, remerciements spéciaux à Stéphane Audoin-Rouzeau, grand historien des conflits armés, qui a bien voulu préfacer ce livre dont je recommande la lecture à ceux qui aiment se faire leur propre opinion.


Vents sombres sur le lac Kivu

En 1994, la France est intervenue politiquement et militairement au Rwanda dans le dernier génocide du XXe siècle.
J’étais officier dans la Force d’Action Rapide et j’ai participé à cette opération « Turquoise ». Depuis longtemps, je souhaitais écrire sur ce sujet, et c’est une période de « transition professionnelle » qui m’a donné le temps de construire ce récit, sous forme de roman.  Il avait pour seule ambition de donner un éclairage sur la réalité d’une opération, au cœur de la Légion étrangère et au cœur de l’Afrique des Grands Lacs.

Ce témoignage a provoqué une vif débat car les faits qu’il relate ne sont pas compatibles avec la version officielle de l’opération Turquoise.
Alors qu’il devait s’agir d’une opération « purement humanitaire », la réalité des missions militaires que j’ai menées sur le terrain était des plus ambiguës. Alors que nous pouvions stopper les génocidaires, nous n’avons eu de cesse de freiner leurs ennemis. Alors que nous pouvions sauver des rescapés de Bisesero, nous n’avons même pas été sollicités pour leur porter secours. Alors que nous pouvions empêcher de nuire des criminels, nous leur avons permis de s’échapper et nous les avons réarmés dans des camps de réfugiés.
Je ne doute pas un instant que mes compagnons d’arme suivaient les ordres fixés par les responsables politiques de l’époque (gouvernement de cohabitation Mitterrand-Balladur) mais comment comprendre ce qui s’est passé et s’assurer qu’un tel drame ne puisse se reproduire si on ne connaît même pas les pièces du puzzle ?
J’ai conscience de n’apporter qu’une bien modeste contribution à la connaissance de la réalité, il faudrait beaucoup d’autres témoignages et l’ouverture réelle des archives pour que des historiens puissent enfin nous dire quel a été le rôle de la France dans le génocide des Tutsis, un million de victimes.

[Après ce roman, j’ai écrit l’intégralité de mon témoignage dans un récit aux Belles Lettre, Rwanda, la fin du silence, publié en mars 2018 et expliqué en début de cet article]

ContrePoint

Pour qu’il n’y ait aucun doute sur mon rôle pendant l’opération Turquoise, et aider les personnes qui présentent des symptômes d’Alzheimer,  je mets en ligne quelques documents (qui ne sont pas confidentiels puisque je n’en ai gardé aucun, conformément aux règles strictes des Armées) :
– la 1° page de mon rapport officiel de mission, archivé au 68°RA (régiment d’artillerie d’Afrique, ce dernier terme étant une appellation honorifique) et destiné au commandant de la 6°DLB (Division Légère Blindée) qui regroupait alors la majorité des unités de légion étrangère (2°REI, 1°REC, 6°REG). Le résumé très synthétique de cette première page décrit les deux phases de l’intervention Turquoise, « freiner » le FPR puis ensuite « humanitaire », comme j’en témoigne dans mon livre et mes entretiens.
Rapport officiel retour Rwanda 1° page
Rapport officiel retour Rwanda 1° page
– le message demandant mon retour en France, qui précise que je suis OCA de la compagnie du 2°REI (officier contrôleur avancé, chargé des frappes aériennes, traduction du sigle OTAN FAC ou TACP), et qui est signé par un LCL Hogard…Celui-ci affirme pourtant qu’il n’y avait « pas de TACP, ni avant ni pendant l’opération Turquoise ».
message demande retour en France du Capitaine Guillaume ANCEL, OCA de la compagnie du 2°REI, signé par le Lieutenant Colonel Hogard
message demande retour en France du Capitaine Guillaume ANCEL, OCA de la compagnie du 2°REI, signé par le Lieutenant Colonel Hogard
– mon attestation de présence sur le théâtre qui précise que je suis arrivé le 23 juin, soit bien avant Jacques Hogard (qui écrit le 30 juin dans son livre). De plus mon rattachement direct à son état-major ne s’est fait que le 10 juillet, puisque j’étais affecté à la compagnie de combat du 2°REI jusque là et nullement à son DL Humanitaire qui est arrivé avec lui…
Je ne comprends pas, alors qu’il était absent, comment il peut aujourd’hui expliquer ce que j’ai fait au Rwanda pendant la première partie de ma mission opérationnelle.
Attestation de séjour CNE Guillaume ANCEL Rwanda, arrivée sur le théâtre d'opération le 23 juin 1994
Attestation de séjour CNE Guillaume ANCEL Rwanda, arrivée sur le théâtre d’opération le 23 juin 1994
Par respect pour mon camarade DL humanitaire, qui certes était un peu réservé mais qui ne méritait pas la description méprisante faite dans le magazine Le Point, je ne me permettrais pas d’indiquer son nom, son ancien patron finira bien par le retrouver, à moins que ce ne soit le contraire.

 

Je n’apprécie pas du tout, que pour éviter un débat indispensable sur le drame rwandais, on ne trouve rien de mieux que faire jouer le rôle de crocodile amnésique à des compagnons d’armes. En effet, j’ai le plus grand respect pour le lieutenant-colonel Hogard aux ordres de qui j’ai servi au Rwanda (comme officier rens avec le CNE G), un homme extrêmement droit, respectueux des autres et profondément humain. J’aurais préféré qu’il dise simplement qu’il n’est, encore une fois, pas d’accord avec mon interprétation des faits et je n’aurais pu que le respecter car je n’ai jamais prétendu détenir la vérité. Je trouve malsain de le mettre en porte à faux, par cette interview du Point, car il ne peut que défendre une situation qu’il a toujours assumée. S’il avait lu mon livre, il saurait que je ne l’ai jamais critiqué, ni aucun de mes compagnons d’armes. Le débat n’est pas là.

 

J’ai donc demandé au directeur délégué de la rédaction du Point, Michel Richard, de publier un droit de réponse avant mardi 15 avril en réaction à l’entretien mené par Jean Guisnel, destiné à « démolir les accusations du capitaine Guillaume Ancel ». Jean Guisnel, malgré la gravité des accusations, n’avait pas jugé nécessaire de me contacter au préalable, ni de vérifier la moindre des affirmations portées sous sa plume.

Le texte intégral (faute d’orthographe inclue) est publié par Le Point depuis le lundi 14 avril 2014 : Contre Point