Rwanda : Hubert Védrine sur le point de lancer une « contre-commission » pour fuir ses responsabilités et impliquer ceux qui pourraient se voir reprocher ce désastre français et les mensonges qui ont suivi ?

Hubert Védrine était secrétaire général de l’Elysée pendant cette période tragique de soutien apporté aux génocidaires du Rwanda, il a donc joué un rôle clef, d’autant qu’il se vante volontiers d’avoir été « au cœur du pouvoir », même s’il n’a jamais été élu.
Il a ensuite été le porteur, pendant 27 années, de vérités révisionnistes sur le sujet qui ont été solidement démontées par la commission Duclert et les recherches récentes : il n’y a jamais eu de double génocide, et il n’y a plus de débat sur les commanditaires de l’assassinat du président Habyarimana, organisé depuis le camp de Kanombe par les extrémistes hutu qui allaient s’emparer du pouvoir pour mettre en œuvre leur solution finale.
La « responsabilité accablante » de la France établie par la commission Duclert dans ce « désastre français » qui consiste à avoir soutenu les génocidaires du Rwanda, puis sa reconnaissance dans un geste politique historique du président Macron à Kigali le 27 mai, sollicitant avec finesse le « don du pardon » aux rescapés, ont pour conséquence évidente de mettre en cause la politique dont Hubert Védrine s’est pourtant vanté pendant trois décennies, au point qu’il a même publié son « amour pour une géopolitique » qui apparaît désormais comme déshumanisée et catastrophique dans ses conséquences.

M.Védrine pourrait adopter une posture d’humilité et de discrétion, mais cela ne semble pas à sa portée. Il a même préféré publier en réponse au discours du président une tribune odieuse dans une revue à la droite de l’extrême-droite et que seule Marion Maréchal-Le Pen pouvait soutenir, dans sa méconnaissance crasse du sujet. Védrine y regrette même « que les médias ne soient pas mieux tenus, comme autrefois »…
Il continue en effet de défendre cette politique, qu’il attribue cependant aux autres dans son récit, et il ne montre pas l’ombre d’un début de remise en cause, comme a su le faire Alain Juppé. Dans une interview sans ambiguïté, l’ancien président Sarkozy a trouvé les mots pour revenir, lui, sur ce qu’il avait compris depuis des années : l’affaire du soutien aux génocidaires rwandais était un désastre français dont il fallait se sortir au plus vite.

La tentation de la chape de plomb revient cependant chez M.Védrine, influenceur d’une gauche déchirée par son incapacité à reconnaître l’erreur tragique de François Mitterrand.
A l’instar de la Mission d’information parlementaire de 1998, présidée par Paul Quilès, qui avait brillamment réussi à étouffer l’affaire pour deux décennies en France en concluant à un « satisfecit généralisé malgré quelques dysfonctionnements », Hubert Védrine va-t-il lancer une contre-commission pour essayer de gagner du temps, à défaut de démonter ce que les historiens de la commission Duclert ont minutieusement démontré : la « responsabilité accablante » de l’Elysée ?
Cette éventualité paraît hautement vraisemblable.
Il tenterait alors d’impliquer ceux qui craignent que leur responsabilité soit également engagée, soit pour avoir participé directement à ce désastre rwandais, comme Alain Juppé et Edouard Balladur, soit pour avoir consciencieusement essayé de le camoufler, comme Bernard Cazeneuve ou Paul Quilès.

La question se posera aussi pour l’amiral Jacques Lanxade, toute participation de sa part pouvant mettre à nouveau en difficulté l’institution militaire sur la question de son propre rôle dans cette sinistre affaire.
En effet, l’armée a été soigneusement épargnée par le rapport Duclert, qui n’a pas analysé les opérations militaires afin de mieux se concentrer, et quasi exclusivement, sur la responsabilité politique et diplomatique.
En revenant sur la question, l’ancien chef d’état-major des armées, et surtout très proche conseiller du président Mitterrand, prendrait le risque de réouvrir le sujet, à un moment où l’armée semblait soulagée de n’avoir pas été fustigée pour le rôle joué par une poignées de ses officiers, manifestement égarés dans le soutien à la politique délirante de l’Elysée entre 1990 et 1994.

Outre la provocation à l’égard du chef de l’Etat, qui s’est désormais officiellement prononcé pour en finir avec ce Tchernobyl de nos opérations extérieures, cette « contre-commission » serait un signe de confusion dans la politique de renouveau dont la France a besoin avec ses partenaires africains.
Mais Hubert Védrine a démontré depuis longtemps qu’il n’en était pas à ça près, les intérêts de la France ayant peu d’importance en comparaison de la mise en avant de propre personne et de son « expertise » géopolitique, qui nous a pourtant mené au désastre, du Rwanda à Sarajevo.

Alors que la vérité historique est en marche, lui, en tout cas, s’efforce de la faire dérailler.

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