Un profond malaise, quand la « guerre au coronavirus » confine notre intelligence

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Voilà plusieurs semaines que notre « actualité » est monopolisée par l’épidémie de coronavirus, et bientôt une semaine que nous sommes entrés en mesures de confinement pour la société française. Dans cette période d’inquiétudes et d’incertitudes, je ressens surtout un profond malaise face aux stratégies et aux « solutions » déployées.

Les Nostradamus du coronavirus,

Ils auraient tout prédit mais rien prévu, et commencent à m’irriter sérieusement. De l’ancienne ministre de la santé aux porte-paroles autoproclamés du corps médical qui nous annoncent le pire sur la base de chiffres inconnus, ces messagers de l’apocalypse diffusent la peur plus sûrement que le virus. Et il est probable qu’ils lui survivent…

Les chaînes d’info continue se sont fait les relais de ces prédicateurs de l’angoisse. Au lieu de nous éclairer sur la situation et ses possibles développements, elles nous assomment de leurs imprécations catastrophistes, décompte des morts à l’appui. Comme si on nous affichait au quotidien les décès des accidents de la route, des suicides ou du cancer…

Plus rien d’autre n’existe dans leurs reportages, que la propagation de cette épidémie de la peur. J’ai le sentiment de ne plus pouvoir réfléchir dès lors que j’ai le malheur d’ouvrir leur « feu continu » d’information. S’il est une guerre jusqu’ici, c’est celle qui se joue contre notre intelligence collective.

La très regrettable référence à la « guerre »

« Nous sommes en guerre contre le coronavirus ! ». La référence à la guerre me semble d’autant plus inappropriée que ceux qui en usent ont la chance d’ignorer ce qu’est en réalité une guerre, la violence et la destruction organisée pour imposer sa volonté. Par respect pour ceux qui la « vivent » et en meurent, en Syrie par exemple, revenons à la raison. Ce dont nous parlons relève plutôt d’une vaste opération de protection, face à une épidémie dont nous mesurons mal les effets.

Ce n’est pas seulement un sujet de mots, car dans le « feu de l’action » d’une guerre, nous pourrions détruire bien plus que protéger ce qui nous est précieux. Pendant l’incendie dévastateur de Notre-Dame de Paris, Donald Trump nous avait vivement conseillé l’usage de bombardiers d’eau : le feu aurait été éteint sans aucun doute… et la cathédrale rasée ! Ne sommes-nous pas en train de faire la même chose ?

Le risque d’être étouffés… en bonne santé

Peur, angoisse, arrêt de notre société vont causer bien plus de dégâts que le coronavirus ne peut en faire. Nous avons surtout besoin d’équilibres subtiles et évolutifs, alors que notre stratégie « guerrière » ressemble d’abord à une contradiction permanente : « restez chez vous, mais allez voter », « confinez-vous, mais allez travailler »…

La prochaine étape n’est pas sans m’inquiéter. En d’autres circonstances, j’ai malheureusement expérimenté un sarajévien « ripostez sans tirer », aussi ai-je gardé une profonde méfiance pour ces injonctions contradictoires à notre intelligence.

Voilà en quelques lignes ce que je voulais exprimer, un profond malaise face à des remèdes dont je ne comprends pas la cohérence, une réthorique de guerre qui insinue qu’il serait bon d’obéir sans plus demander notre avis, ni réfléchir.

Je préférerais que nos objectifs soient au moins partagés, à l’échelle européenne pour commencer. En fait, j’aimerais d’abord être concerté et convaincu, plutôt que de me voir imposé une politique que je ne comprends pas.

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